mardi 5 janvier 2016

Star Wars #1


Ici dans une galaxie très proche depuis très très peu de temps (à l'échelle des temps géologiques) nous sommes fans de Star Wars.
Le mot semble approprié dans la mesure où j'ai grandi avec la première trilogie, que je ne peux pas voir un néon sans imaginer que c'est une épée laser et que j'ai passé des heures à tendre la main pour essayer d'attirer une bouteille d'eau à distance... Vous voyez le genre ?
Bref si vous ajoutez à ça le fait que j'apprécie énormément la lecture de biographie et le visionnage des bonus dvds qui permettent d'en savoir plus, vous comprendrez l'intérêt que je peux porter envers le Making of de Star Wars de J-W Rinzler traduit par Diane Lecerf chez Akiléos.


Lecture passionnante s'il en est (à dire vrai, je ne pense pas qu'il existe ouvrage plus exhaustif), j'ai décidé de vous lister quelques information sur la genèse de Star Wars que je n'ai jamais lues ailleurs et que j'ai jugé particulièrement insolites.
Bonne lecture !

- Georges Lucas alors qu'il rédige la deuxième ébauche de son script et trouve enfin le nom (et l'inspiration donc) de ses méchants déclare : "Les chevaliers Siths ressemblent à Linda Blair dans l'Exorciste (1973)".
Inspiration étonnante au premier abord et qui devient évidente quand on compare. 



- Mars 1975, Lucas effectue un changement significatif sur la seconde version du scénario en faisant de Luke une fille : "Le traitement original parlait d'une princesse et d'un vieil homme (...) Et puis j'ai enlevé la princesse un moment, et du coup, il n'y avait quasiment aucune fille dans la seconde version. Ça me gênait vraiment. Je ne voulais pas faire un film sans aucune femme. Alors je me suis débattu avec ça, et à un moment donné, Luke est devenu une fille. J'ai juste changé le personnage principal pour en faire une fille."

Recherches de Ralph McQuarrie. Luke est devenue Lukette.

Du coup, pas compliqué de comprendre d'où vient Rey, la protagoniste de l'épisode 7. Quand on voit le dessin ci-bas, toujours de McQuarrie, avec ce "long fusil auquel Georges avait pensé" (dixit l'artiste), l'inspiration saute encore davantage aux yeux. Rey = version féminine de Luke du second script.

Découverte de Mos Eisley par "Luke" et les droïdes.

- Richard Edlund, un des premiers techniciens engagé par la production de Star Wars et chargé de lancer le "département caméra" avait jusqu'alors principalement travaillé pour la télévision. Outre son travail technique sur Au delà du réel, Star Trek et La Quatrième dimension il avait aussi fait l'acteur dans un rôle un petit peu particulier... En effet, il avait joué "La Chose" dans La Famille Addams. C'est ce qu'on appelle tenir un rôle qui exige du doigté...


- Dans la troisième version du script de Georges Lucas (août 1975), Ben Kenobi (qui ne s'appelait pas encore Obi-Wan) est bien bien différent de celui que l'on connait.
Ancien "commandant des Légions Blanches", il est à moitié mécanique et "la force n'est plus guère présente en lui"... De ce fait et aussi à cause de son grand âge, il hésite même à partir à l'aventure avec Luke. Quand on sait que c'est la situation exactement inverse qui se produit dans la version finale, ça prête à sourire...
Ben utilise également la force pour étrangler ses adversaires : "Ben lève les mains et tous les bureaucrates, instructeur compris, commencent à tousser et à se tenir la gorge. Ils sont incapables de respirer et finissent par s'évanouir et tomber par terre".
Bref, je ne sais pas vous mais moi ce Ben à moitié robotisé me rappelle drôlement quelqu'un...

Non mais je t'étrangle mais j'suis gentil en fait.

- Fin août 1975, Lucas fait passer des castings à de jeunes inconnus pour les rôles principaux. Brian de Palma a besoin de jeunes lui aussi, si bien qu'il décide d'être présent lors des essais pour Star Wars afin d'embaucher des acteurs pour Carrie. Parmi les acteurs reçus : John Travolta et Sissy Spacek (retenus pour Carrie), Nick Nolte, Tommy Lee Jones (oui oui, il a été jeune un jour lui aussi)...

Seigneure noire des Siths trop souvent oubliée : Carrie !

- Trop de castings (des milliers d'acteurs ou aspirants), la fatigue, la drogue ? Nul ne sait... toujours est-il que Lucas a sérieusement envisagé tout à coup en pleine pré-production de n'engager que des afro-américains ou de tourner entièrement en japonais. Pourquoi pas ? 

-  Anti-prophétique, Lucas en proie à des difficultés budgétaires liées à la mauvaise volonté de la Fox, déclare : "Je ne pensais vraiment pas qu'on allait gagner de l'argent avec Star Wars". Pour payer tout le personnel engagé dans le processus de production, George ira de ses propres économies engendrées grâce au succès d'American Graffiti et versera 473 368 $ pour l'année fiscale 1975-1976. 
Pour un type convaincu de l'échec commercial de son film, on peut tout de même parler de vertu jusqu'au-boutiste. 

- Novembre 1975, une actrice est auditionnée pour le rôle de Léia :

 Jodie Foster

Et un acteur pour le rôle de Han Solo :

 Christopher Walken

Naturellement, ils n'eurent pas le rôle ou alors c'est que vous confondez Star Wars avec Taxi Driver ou Voyage au bout de l'enfer...

- Durant tout le processus de sa création, avant de s'appeler le Millenium Falcon, le vaisseau pirate avait pour nom de code : le "Porkburger" soit littéralement le burger au porc. 
 Georges Lucas : "Le Hamburger volant était mon design préféré". 




- Janvier 76, John Mollo travaille sur les costumes des acteurs et comme le design de Vador a déjà été grandement défini par Lucas et McQuarrie, il cherche des accessoires pour se rapprocher des dessins : "Pour Dark Vador, on a utilisé une combinaison de moto, un casque nazi, un masque à gaz et un manteau de moine qu'on avait trouvé dans le département Moyen-Âge."
Si je résume, Vador = pilote, nazi, respirateur et moine... C'est assez juste. 


- A la même époque, Stuart Freeborn fabrique le costume de Chewbacca avec des poils de yaks et Ben Burtt trouve la voix du wookie en mixant les cris de Pétulia, une femelle morse, et Pooh, un jeune ours.

- Le budget pour les acteurs fut décidé comme suit :
- Mark Hammill -> 1000 $ par semaine
- Carrie Fisher -> 850 $ par semaine
- Harrison Ford -> 750 $ par semaine
Pour comparer, il faut savoir qu'Alec Obi-wan Guinness -> 15 000 $ par semaine et 2% des profits nets du film (jackpot) mais plus surprenant, le grand Moff Tarkin, joué par Peter Cushing -> 2000 $ par jour. 
En résumé, je dirais que les p'tits jeunes furent les dindons de la force et que le Grand Moff, avait de quoi être un peu Tarkin... 

- En plein tournage sur la frontière entre la Tunisie et l'Algérie, tandis que des camion tunisiens étaient utilisés dans la production, "le gouvernement algérien a fait officiellement part de ses préoccupations, sur ce qu'il percevait comme une mobilisation militaire massive près de sa frontière". 
Georges Lucas à ce propos : "Ils sont venus et ont inspecté le char des sables pour vérifier que ce n'était pas une arme secrète."

- Lors du dernier jour de tournage en Tunisie, un évènement insolite se produisit impliquant R2-D2. Il faut savoir qu'à la même époque, un téléfilm de 12 heures de Zeffirelli racontant la vie de Jésus était tourné au même endroit. Lors d'une scène : "R2-D2 devait aller par télécommande vers la caméra et disparaître derrière une dune de sable. Mais le système de commande n'a pas réussi à arrêter le robot et il est parti sur le plateau de Jésus de Nazareth !"
Quand on sait que des décennies plus tard, Lucas fera d'Annakin le produit de l'immaculée conception, on se dit que R2 était prémonitoire... 

-  Georges Lucas appelait le décor de l’Étoile Noire : "le Légo". En effet, le décor de base était constitué de seulement 6 ensembles qui pouvaient être assemblés de façon infinie. 
Qui aurait cru en 1976, que les jouets qui donnèrent leur nom à ce fameux décor s'empareraient bien plus tard de la franchise avec le succès que l'on connaît ? 
  - Avoir peur de David Prowse dans la peau de Dark Vador était compliqué pour Carrie Fisher. Elle l'explique : "Mais il était difficile d'avoir peur de Dark Vador. On l'appelait "Dark Fermier" parce que David Prowse avait un accent gallois marqué, et il ne parvenait pas à retenir ses répliques. J'imagine que j'aurais pu avoir peur de ça..."
Oui oui, c'était lui le "Dark fermier" sous l'habit noir. Un fermier culturiste.

 - Carrie Fisher appréciant le flegme apparent des anglais lors du tournage londonien : "C'était ce que j'aimais le plus, j'allais acheter des cigarettes et des magazines avec mon costume et tout, et... rien. Ils me les vendaient sans faire de commentaires." 
 "On allait déjeuner dans ce restaurant chinois, je portais mes "macarons", et Peter Mayhew mesurait 2m.18 mais ils nous servaient comme des clients ordinaires..."

- Pendant la post-production, les problèmes chez ILM étaient légions. Pourtant, l'ambiance était à nulle autre pareille, assez difficile à définir... jugez plutôt (pas le chien hein) :
"Comme l'établissement ne disposait pas de l'air conditionné et que la température aux deux étages dépassait souvent 37 degrés sous les éclairages brûlants, un bain froid de fortune fut construit à l'extérieur. Rempli d'employés surchauffés aux cheveux longs, ILM était regardé avec horreur par les cadres en visite. Un autre moyen de rafraîchissement fut apporté par Joe Johnston, qui acheta une goulotte d'évacuation d'avion à un fabricant de l'autre côté de la rue et la transforma en toboggan aquatique. Pour se détendre, l'atelier de modélisme était utilisé pour danser, et des soirées cinéma étaient programmées avec des pizzas (avec parfois un film porno)."
"Tain... vous déconnez les mecs... "

- Lors de prises additionnelles en 1977, peu avant la sortie prévue du film, Georges Lucas fit la rencontre d'une actrice pas comme les autres... 
"On est tous tombés amoureux de Mardji... C'était la première fois qu'elle sortait dans le monde réel. Ils l'ont fait descendre dans un ruisseau de la Vallée de la mort et elle s'est mise à jouer dans l'eau." 
Mardji l'éléphante, dans le rôle d'un bantha

- Lors de l'une des premières projections privées d'un film non finalisé, les réactions des amis de Lucas furent pour le moins contrastées. 
Steven Spielberg : "C'est le meilleur film qui ait jamais été réalisé et il va rapporter cent millions de dollars !"
Brian de Palma : "C'est quoi cette connerie de force ?! Et où est passé le sang quand les gens se font tirer dessus ?". 
De gauche à droite : Spielberg, Scorcese, De Palma (qui écrira lui même le texte déroulant introductif de Star Wars), Lucas, Coppola.

- Star Wars et Psychose.
Trois notes de musique sombres et inquiétantes lorsque des personnages sortent de la trappe du faucon, sont reprises telles quelles du film Psychose et avaient déjà réutilisées dans Taxi Driver


-  Le mercredi 25 mai 1977, Star Wars sort enfin sur les écrans. Lucas qui continue à travailler sur le film (oui oui, même le jour de la sortie !) fait une pause et mange un hamburger avec sa femme en face du cinéma Grauman's chinese à Hollywood. Il y a des limousines et une foule immense mais le réalisateur ne comprend pas immédiatement que c'est son film qui provoque cet engouement. 
Il apprendra plus tard que les grosses voitures garées devant le ciné appartenaient à Hugh Hefner, le propriétaire de Playboy Magazine, et que ce dernier enchaina deux séances d'affilée tellement il avait adoré le film. 

- Dans les nombreux propos imbéciles qu'il m'a été donné de lire à la sortie de l'épisode 7, il y en a un que j'ai trouvé particulièrement piqué des hannetons : Star Wars, Le Réveil de la force serait raciste ! Pourquoi cela ? Parce que Finn joué par John Boyega, un acteur afro-américain ne serait pour certains qu'un comic-relief, faisant fi de son courage, son dynamisme, sa capacité à aimer mais surtout à s'indigner, se rebeller, bref à avoir une conscience politique... Or, on découvre dans ce Making of de Star Wars que la critique ne date pas d'hier. Elle date de 1977 pour être précis :
"Star Wars a été accusé de racisme, car son immense popularité en a fait une cible de choix. Et le film ne présentait aucun acteur d'origine afro-américaine, à l'exception du méchant vêtu de "noir" Dark Vador, qui avait été doublé par un acteur noir célèbre, ce qui pouvait valider la polémique ou la rendre complètement paradoxale." 
Ouais... Quand on sait que sous les costumes des jawas se cachaient des petits enfants tunisiens de 8-9 ans et que comme chacun sait, les jawas sont des sacripants voleurs, on a désormais la preuve irréfutable que Georges Lucas est raciste. Non ?
R2 est joué par un nain et il se fait maltraiter. Lucas est nanophobe !


Voilà pour aujourd'hui. La lecture de ce livre a été une expérience formidable. L'impression d'être une petite souris dans les coulisses de la création d'un grand film auquel peu de gens croyaient. 
Je ne saurai que trop vous conseiller de vous le procurer car la liste des anecdotes relevées est infinitésimale par rapport aux infos contenues quand on le parcourt dans son intégralité. 
Je termine avec les mots de Georges Lucas face au succès de son film :
"J'adorerais qu'un jour on puisse coloniser Mars... et que le chef des premiers colons dise : j'ai fait tout ça parce que j'espérais trouver un wookie là-haut." 

Prochain rendez-vous Star Wars pour le Making of de L'Empire contre-attaque !
En attendant, n'oubliez pas de vous procurer...

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